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	<title>Plumes et Trajectoires</title>
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	<description>La passion d&#039;écrire l&#039;unique pour offrir au lecteur un horizon de liberté</description>
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	<title>Plumes et Trajectoires</title>
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		<title>Le vertige du réel : quand l&#8217;Histoire déborde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Linda Maupoix]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2026 17:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
		<category><![CDATA[Autofiction]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Léopoldville]]></category>
		<category><![CDATA[Projet]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai commencé un nouveau projet, l&#8217;excitation est très vite montée. Mon esprit est officiellement colonisé par de nouveaux personnages. L&#8217;écriture [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai commencé un nouveau projet, l&rsquo;excitation est très vite montée. Mon esprit est officiellement colonisé par de nouveaux personnages. L&rsquo;écriture ne fait que commencer, mais l&rsquo;obsession est déjà là, fébrile, fertile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au départ, je devais écrire un roman contemporain. J&rsquo;avais identifié le périmètre, le contexte, les protagonistes. L&rsquo;intrigue se dessinait avec ses tensions et ses rebondissements. Le recueil d&rsquo;un récit immersif, une autofiction parfaitement calibrée ! Mais, au fur et à mesure des témoignages récoltés, le réel a débordé. En tirant les fils de ces histoires, je me suis retrouvée emportée jusqu&rsquo;au Congo de la fin du XIXème siècle, aux heures sombres du règle de Léopold II. Une jungle humaine, aristocratique, sauvage. Une époque très documentée&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet a basculé. Me voilà submergée. Fascinée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Travailler une telle matière me confronte à un vrac vertigineux. Archives brutes, vieilles photos, interviews, enregistrements&#8230; témoignent et rythment une chronologie parfois chaotique. Je pensais disposer de ressources abondantes quand l&rsquo;Histoire a déployé sa propre géographie et imposé ses lignes de force. La rigueur de l&rsquo;archive contre la souveraineté du récit. En tant que romancière et praticienne narrative, j&rsquo;identifie un double piège. D&rsquo;un côté, s&rsquo;appuyer sur la seule trame historique, assécher le récit et tuer le romanesque, les personnages devenant de simples figurants. De l&rsquo;autre, basculer dans la pure création, détacher le récit de sa vérité et trahir le réel, perdre l&rsquo;épaisseur du contexte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si mon rôle n&rsquo;est pas de choisir entre la Mémoire historique et le Souvenir, intime, subjectif et romanesque, comment et où écrire ? Face à ces écueils, m&rsquo;appuyer sur ma posture de coache. Trois penseurs de l&rsquo;écoute et du langage vont éclairer cette ligne de crête sur laquelle je cherche à me tenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord, faire le vide. Le psychanalyste britannique Wilfred Bion invitait à aborder une séance « sans mémoire ni désir ». Ce principe m&rsquo;enjoint à faire taire mes savoirs historiques (la mémoire) et mes automatismes d&rsquo;intrigue (le désir). Devenir simple réceptacle, libre de tout préconçu ; écouter, respecter les témoins. Ils m&rsquo;offrent une fresque à raconter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite absorber. Pionnière des pratiques narratives à Columbia, Rita Charon a formalisé cette notion. Elle rappelle que recueillir le récit de l&rsquo;autre exige d&rsquo;abord de prêter son propre imaginaire comme caisse de résonance. Absorber les témoignages et leur offrir un abri intime avant toute mise en forme littéraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, accepter les dissonances. Le psychanalyste et essayiste Roland Gori défend la dignité de penser contre le rationalisme à outrance. Son apport alimente ma vigilance. Ecrire en appui de l&rsquo;Histoire ne doit pas consister à plaquer des grilles d&rsquo;analyses sur des trajectoires humaines mais à préserver leur complexité, leur singularité, leur intimité, leur libre arbitre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fiction n&rsquo;est pas une falsification. Elle s&rsquo;infiltre dans les interstices de l&rsquo;Histoire, dans les silences des archives, dans l&rsquo;exploration des vérités humaines là où le fait brut s&rsquo;arrête. Le roman ne rivalise pas avec l&rsquo;Histoire. Il la déplie de l&rsquo;intérieur. C&rsquo;est à cet endroit qu&rsquo;un roman peut advenir. </p>



<p class="wp-block-paragraph">A Matadi, Albert Longtain, aristocrate Belge est rentré en Europe en 1998, ramenant  l&rsquo;enfant qu&rsquo;il a reconnue, née de son concubinage avec une esclave de Nubie. Dans la grande Histoire, une histoire nait que je peux raconter !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Après la résilience ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Linda Maupoix]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 11:18:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
		<category><![CDATA[émancipation]]></category>
		<category><![CDATA[pratiques narratives]]></category>
		<category><![CDATA[résilience]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps, nous avançons avec une dette invisible. Nous vivons, nous choisissons, nous écrivons pour réparer une faille ancienne, pour apaiser [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, nous avançons avec une dette invisible. Nous vivons, nous choisissons, nous écrivons pour réparer une faille ancienne, pour apaiser la mémoire de ceux qui ont fui, courbé l&rsquo;échine ou gardé le silence&#8230; Le passé se comporte comme un créancier intraitable : il réclame des récits, des loyautés, des justifications. On façonne sa trajectoire comme on rembourse un emprunt contracté bien avant sa propre naissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, sans prévenir, un seuil est franchi. On a nommé les non-dits, traversé les lignes de fracture, arpenté les deux rives d&rsquo;une histoire trop grande pour soi. On a consigné ce qui devait l&rsquo;être. Et, un matin, les fantômes cessent de réclamer leur dû.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que se passe-t-il alors ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première sensation n&rsquo;est pas le soulagement, mais le vertige. Le silence du passé ressemble d&rsquo;abord à un vide. Quand on s&rsquo;est toujours défini par ce que l&rsquo;on portait, par le poids des origines, l&rsquo;héritage d&rsquo;un exil, la fidélité obstinée à une blessure&#8230; L&rsquo;extinction de la dette laisse nos mains nues. Qui devient-on lorsque nos morts n&rsquo;ont plus rien à nous reprocher, mais plus rien non plus à nous intimer ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à cet instant précis que l&rsquo;on comprend : le silence du passé n&rsquo;est pas un abandon, c&rsquo;est une décharge. Il ne s&rsquo;efface pas, il trouve simplement sa juste place dans le décor. Il cesse d&rsquo;être un juge ou une assignation pour devenir, enfin, un socle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;écriture, comme pour l&rsquo;existence, ce basculement est fondateur. On ne prend plus la plume pour régler des comptes ou pour plaider une cause posthume. On quitte l&rsquo;injonction de la réparation pour entrer dans l&rsquo;espace de l&rsquo;invention pure. La mémoire n&rsquo;est plus un fardeau que l&rsquo;on traîne mais une matière que l&rsquo;on sculpte librement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le passé ne nous demande plus de comptes, il nous rend à nous-mêmes. C&rsquo;est sans doute la forme la plus exigeante de la liberté : celle qui nous prive de nos alibis et nous contraint, enfin, à habiter le présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>


<a class="wp-block-read-more" href="https://plumesettrajectoires.fr/apres-la-resilience/" target="_self">Lire la suite<span class="screen-reader-text"> : Après la résilience ?</span></a><p>L’article <a href="https://plumesettrajectoires.fr/apres-la-resilience/">Après la résilience ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://plumesettrajectoires.fr">Plumes et Trajectoires</a>.</p>
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		<title>L&#8217;art de nommer pour façonner les identités</title>
		<link>https://plumesettrajectoires.fr/lart-de-nommer-pour-faconner-les-identites/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Linda Maupoix]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 12:54:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D&#8217;abord, il y a la musique des mots. Dans mon précédent article sur la polyphonie de l&#8217;écriture, j&#8217;ai partagé ma [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord, il y a la musique des mots. Dans mon précédent article sur la polyphonie de l&rsquo;écriture, j&rsquo;ai partagé ma sensibilité, mon attention à créer l&rsquo;harmonie et le rythme d&rsquo;une phrase. Dans ce prénom, j&rsquo;ai voulu trouver l&rsquo;équilibre entre force et souffle. Avant même qu&rsquo;ils ne comprennent la signification, je voulais que mes lecteurs ressentent la musique de ce prénom. Les sonorités &#8211; c&rsquo;est ce que je crois &#8211; provoquent des réactions émotionnelles immédiates.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans mes recherches, je voulais éviter les consonnes tros dures. Avec sa structure symétrique et ses deux « A » très ouverts, séparés par le souffle du « H », expiré en langue arabe, Maha est un prénom qui palpite. J&rsquo;aime la façon dont il commence par un « M » rassurant, presque maternel, pour s&rsquo;ouvrir immédiatement sur une sonorité aérienne, suspendue entre un soupir profond et la clarté d&rsquo;un cri. Le prénom Maha parcourt tout un spectre émotionnel qui traduit, métaphoriquement, la dualité que je voulais donner à mon héroïne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, il y a l&rsquo;étymologie des mots. Sa signification agit comme une boussole : Maha « celle qui voit, celle qui traverse »&#8230; Chaque prénom transporte avec lui des siècles d&rsquo;histoire. Ainsi, l&rsquo;étymologie est pour moi, et spécifiquement dans un roman où le poids de l&rsquo;Histoire est confronté aux héritages, un vrai support, un outil d&rsquo;écriture invisible, une ressource d&rsquo;inspiration pour construire des personnalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En arabe, Maha désigne traditionnellement l&rsquo;Oryx blanc, une antilope du désert réputée pour la beauté et la clarté de son regard. En choisissant ce prénom, je savais que mon héroïne serait celle qui voit. Mais, sa vision n&rsquo;est pas seulement physique, elle est introspective. Pour construire son histoire, je l&rsquo;ai mise face à des « exils intérieurs ». Comme l&rsquo;Oryx qui survit dans l&rsquo;aridité du désert, Maha fait preuve d&rsquo;une résilience farouche. Le désert extérieur est devenu pour moi le miroir de sa géographie intime : un lieu de dépouillement, de solitude constructive, de mirages et, finalement, de révélation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la guerrière à la femme mature, Maha écrit la trajectoire du pardon parce qu&rsquo;un personnage mémorable ne peut rester figé. J&rsquo;ai voulu que le prénom de Maha accompagne, et même, prédise sa transformation tout au long du roman. Au début de mon récit, Maha est une guerrière. Elle combat, elle encaisse, elle résiste. Mais je ne voulais pas que sa force réside dans sa capacité à porter indéfiniment son bouclier. La véritable grandeur de mon héroïne réside dans son courage à déposer les armes. C&rsquo;est un glissement de résilience : lutter, libérer, accepter avec souveraineté. Une combattante devient, pas à pas, une femme de paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mon héroïne, nommer a été un acte de libération, la toute première pierre posée pour bâtir son univers. Lui donner ce prénom a tracé le contour de son chemin initiatique comme une boussole offerte à son destin. Mais, ce pouvoir que détient un auteur sur ses personnages interroge notre propre réalité. Au fond ! Sommes-nous devenus notre prénom ou est-ce lui qui s&rsquo;est plié à ce que nous sommes ? Ce mot qui nous désigne avant même que nous sachions parler est peut-être la toute première fiction de notre existence&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si votre prénom était le titre d&rsquo;un livre&#8230;  </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>l&#8217;art de la polyphonie en approche narrative : écrire son histoire dans l&#8217;Histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Linda Maupoix]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 10:31:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Notre identité n’est pas un bloc monolithique. Elle ressemble à un roman d&#8217;une complexité infinie où s’entrechoquent nos voix intérieures, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Notre identité n’est pas un bloc monolithique. Elle ressemble à un roman d&rsquo;une complexité infinie où s’entrechoquent nos voix intérieures, les fantômes du passé et le poids de la culture. En coaching et pratique narrative, comme dans l&rsquo;écriture romanesque, c&rsquo;est un même constat ; nous sommes trop souvent prisonniers d&rsquo;une « monophonie », un récit unique et saturé par le problème qui dicte sa vérité. Pourtant, emprunter le concept littéraire de <strong>polyphonie</strong> — la coexistence de plusieurs voix indépendantes et égales — ouvre une voie de libération. C&rsquo;est l&rsquo;art de remettre le passé au présent pour transformer une cacophonie intérieure en un chœur apaisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit monophonique, nommé « dominant » en approche narrative, agit comme une voix tyrannique qui s&rsquo;approprie le micro intérieur, utilise les traumatismes ou les échecs passés pour condamner l&rsquo;avenir et se fait passer pour notre seule identité. Dans la trajectoire d&rsquo;une vie, cette voix est parfois nourrie par les silences de l&rsquo;Histoire, les non-dits familiaux ou les attentes écrasantes de la lignée. L&rsquo;accompagnement narratif commence lorsque l&rsquo;on aide la personne à comprendre que cette voix forte n’est pas <em>elle</em>, mais une histoire, parmi d&rsquo;autres, qui a pris toute la place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La polyphonie implique donc que d’autres voix subsistent, tapies dans l&rsquo;ombre du récit principal. Ce sont les récits dits alternatifs, ces moments de résistance, de dignité ou de douceur que le problème a tenté d&rsquo;effacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les déployer, il faut parfois oser un voyage à rebours comme le fait Maha. Revisiter l’histoire de sa vie dans la grande Histoire permet de contextualiser nos fardeaux. En ramenant le passé au présent, on ne cherche pas à changer les faits mais à modifier notre relation avec eux. C’est là que le dialogue s&rsquo;ouvre : en tendant l&rsquo;oreille, on découvre des initiatives manquantes, des forces oubliées et des nuances qui redonnent de l&rsquo;épaisseur à notre existence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable puissance de la polyphonie narrative se révèle lorsqu&rsquo;elle devient intergénérationnelle. Nos voix intérieures sont souvent peuplées des voix de nos parents, de leurs attentes, de leurs blessures ou de leurs silences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faire œuvre de polyphonie, c&rsquo;est redonner activement la parole à ces figures du passé, et spécifiquement, dans mon roman, à la figure paternelle. Non pas pour excuser, mais pour <em>comprendre</em> l&rsquo;homme derrière le père, situé lui aussi dans les tumultes de son époque. En reconstituant son propre récit, en lui redonnant sa voix et sa juste place dans l&rsquo;Histoire, Maha a ainsi opéré un déplacement majeur. Elle a effacé le blâme pour laisser place à une fine compréhension, ouvert un dialogue intérieur, déposé un fardeau transgénérationnel qui ne lui appartient plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la quête d&rsquo;une héroïne de roman se réappropriant son héritage ou d&rsquo;un client de coaching redessinant son avenir, le but reste le même : passer du statut de spectateur passif d&rsquo;une histoire subie à celui d&rsquo;auteur d&rsquo;une œuvre polyphonique. En libérant les voix étouffées, en faisant dialoguer le passé et le présent, nous n&rsquo;effaçons pas l&rsquo;Histoire : nous écrivons enfin notre propre version de la liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maha est une belle histoire de femme. Percutée par un événement, un poème reçu à titre posthume, elle décide de retourner sur ses pas, de retrouver le fragment manquant de son histoire. Une histoire polyphonique que je vous invite à découvrir. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Entre ombres et lumières, la géographie de la mémoire</title>
		<link>https://plumesettrajectoires.fr/entre-ombres-et-lumieres-la-geographie-de-la-memoire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Linda Maupoix]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 18:28:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Regarder en arrière n’est jamais un acte neutre. C’est une tentative pour cartographier un territoire que la psychologie nous invite [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-5f410d80 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" src="https://plumesettrajectoires.fr/wp-content/uploads/2026/05/P1032453-1024x577.jpg" alt="p1032453" class="uag-image-1202" width="1024" height="577" title="Le jardin d&apos;essai - Alger" loading="lazy" role="img" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Regarder en arrière n’est jamais un acte neutre. C’est une tentative pour cartographier un territoire que la psychologie nous invite à considérer non plus comme figé mais mouvant, constamment réécrit. L’on parle de <em>consolidation mémorielle.</em> Chaque fois que nous convoquons un souvenir, nous ne le lisons pas… Nous le récrivons. Dans cette construction, le facteur le plus déterminant n’est pas le fait brut, le matériau remémoré, mais l’appareil d’éclairage que nous utilisons pour le regarder. Les ombres et les lumières de cette géographie forment ainsi les reliefs de notre mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’adolescence, ou à l’aube de l’âge adulte, le passé est souvent balayé par les projecteurs crus de l’immédiat. C’est une lumière crue, zénithale, qui ne tolère aucune nuance. Le bien, le mal, la honte, la gloire… la boue sous les pieds ou l’éclat des rêves. Sous ce soleil de plomb, tout est plat, écrasé par la violence des certitudes ou la brûlure des blessures premières. Les contrastes sont violents, exclusifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient le temps de la lumière tamisée. Celle que l’âge, le recul et l’apaisement des colères dépose comme un filtre sur nos paysages intérieurs. Un éclairage de fin de journée, quand les rayons deviennent rasants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En optique comme en psychologie, la lumière rasante possède une propriété fascinante. Elle allonge les ombres, fait chatoyer les lumières, donne du relief aux paysages intérieurs que nous étions incapables de voir sous le soleil de nos vingt ans…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où mon héroïne ne voyait qu’une injustice brutale, la lumière adoucie de sa maturité révèle la cambrure d’une résilience, la courbe d’une abnégation paternelle, la structure cachée d’un amour filial qui ne savait pas dire son nom. L’ombre ne cache plus, elle éclaire le sens de son histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette métaphore lumineuse correspond à ce que la psychologie et son approche narrative appellent le<em> processus de redéfinition de soi</em>. Vieillir n’est pas seulement accumuler des années, c’est accepter que le sens d’un événement puisse changer d’axe. En modifiant l’angle du projecteur, ce qui criait colère se transforme en mélancolie douce, se regarde différemment, quoiqu’il en soit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le postulat de cette approche est simple : nous sommes les auteurs de notre propre vie. Mais, pour Maha, le piège d’El Ghorba (l’exil), la relation paternelle, la laissaient bloquée dans le premier brouillon de son histoire, celui écrit sous la lumière aveuglante de l’enfance, de l’incompréhension et de la blessure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plaçant l’approche narrative sous l’éclairage de ce soleil couchant, le retour en arrière de Maha devient une véritable réécriture. Elle passe de victime à témoin. Elle change de posture narrative. Dans cette nouvelle pénombre où elle s’abrite, elle commence à percevoir les failles de son père, non plus comme des manques d’amour ou de respect mais comme des lignes de fracture, les traumatismes d’Hocine, sa Ghorba intérieure. Elle comprend qu’il écrivait lui aussi avec l’encre qu’il avait sous la main.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous ces petits détails du passé qui ne collent plus avec le récit officiel du malheur ou de l’abandon et que la mémoire avait choisi d’oublier, parce que la douleur avait pris toute la place… C’est une émancipation narrative, c’est un épilogue pour Maha.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien n’efface les cicatrices mais l’on peut accepter que le « territoire » (ici, le passé de Maha, le pays natal altéré, le père disparu…) puisse être modifié. L’on peut réaliser que la « carte » puisse être ajustée, mise à jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre ombres et lumières, la géographie de nos mémoires nous raconte de belles histoires. Si vous le souhaitez, réagissez. Avec plaisir&nbsp;!</p>



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		<title>El Ghorba ou les miroirs de l&#8217;exil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Linda Maupoix]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:24:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la littérature algérienne, singulièrement chez Salim Bachi (Le chien d’Ulysse), le retour au pays natal, l’aboutissement tant rêvé d’El [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans la littérature algérienne, singulièrement chez Salim Bachi (Le chien d’Ulysse), le retour au pays natal, l’aboutissement tant rêvé d’El Ghorba, ne constitue pas une délivrance mais une ultime épreuve de déstabilisation. Le retour est d’abord un choc d’altérité. L’exilé, revenu d’ailleurs, marqué par une autre histoire, se transforme en étranger sur sa propre terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La quête de réintégration devient alors un parcours où celui qui revient se heurte à une société dont il a perdu les codes. Pour retrouver sa place, Hocine, tel l’Ulysse de Salim Bachi, est acculé à la compromission. Réintégrer le corps social exige de taire sa différence, de lisser son passé d’exilé. Un marché de dupes&nbsp;: pour exister à nouveau parmi les siens, il lui faut consentir à une forme de démission morale ou intellectuelle. Hocine illustre la pensée de Bachi. Son trajet en retour a déplacé son exil, de la géographie vers l’intime, un exil intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hocine fait un pacte avec l’oubli. Pour redevenir « l’un des leurs », pour redevenir l&rsquo;un des siens, il doit accepter de voir le monde à travers le prisme déformant ou amnésique de ceux qui n’ont jamais quitté le sol natal. C’est une apostasie. Hocine renie l’homme qu’il est devenu pour l’ombre de celui qu’il est, dans le miroir du clan familial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Hocine rompt finalement avec ce pacte, avec cette fatalité bachiéenne, quand il renonce au sacrifice de sa fille, à la dote à son clan, c’est qu’il a conscience de trahir la promesse de protection qu’il devait à son enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme dans l’Odyssée, quand le vieux chien Argos est le seul à reconnaitre Ulysse sous son déguisement de mendiant, Maha voit le vrai visage de son père (celui de la liberté, de l’ailleurs). Dans l’éclat cristallin de ses yeux, Hocine est démasqué, il n’est plus le héros de jadis, sa déchéance morale est mise à nue. Maha provoque un sursaut de dignité, l’acte de libération qui, paradoxalement, condamnera son père à un exil intérieur et définitif. Hocine va errer dans les ruines de sa propre conscience, hanté par l’absence de sa fille, son seul lien avec la vérité. Son cœur ne quittera jamais l’exil ; un poème-testament témoignera de son destin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’œuvre et la philosophie de Salim Bachi, l’exilé n’est jamais vraiment guéri par le retour&nbsp;; il change simplement de prison. Le pays réel se dérobe sans cesse sous les pieds de ceux qui tentent d’y revenir. Une vérité «&nbsp;amère&nbsp;» propre à l’écriture de l’écrivain&nbsp;; l’exilé qui revient est condamné à une double absence, absent de là-bas et désormais étranger ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’exil géographique est une fracture de l’espace, l’exil intérieur est une fracture dans le temps ou dans la conscience. L’un est souvent le miroir de l’autre car on emporte toujours son propre «&nbsp;ailleurs&nbsp;» avec soi. Entre soi et son environnement, l’identité, les valeurs entrent en résistance, en résonnance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cet article vous inspire d&rsquo;une quelconque façon, n&rsquo;hésitez pas à me laisser un commentaire, à entrer en dialogue&#8230;</p>



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		<title>Le pardon, l&#8217;art de déposer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Linda Maupoix]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 18:42:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans mon roman, je confronte mes personnages à « l&#8217;impossible pardon ». On imagine souvent cet acte comme un pont jeté vers [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans mon roman, je confronte mes personnages à « l&rsquo;impossible pardon ». On imagine souvent cet acte comme un pont jeté vers l&rsquo;autre, une main tendue ou une absolution. Mais, dans la réalité de nos trajectoires, le pardon est souvent bien plus solitaire. C&rsquo;est ce que Maha croit et expérimentera.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une idée reçue très tenace. Pour avancer, il faudrait obligatoirement « pardonner » au sens d&rsquo;excuser ou encore de renouer. Cette injonction peut devenir une seconde blessure. L&rsquo;on se sent coupable de ne pas réussir à effacer la rancoeur, comme si notre progression était bloquée par ce refus. Pourtant&#8230; la paix ne dépend pas toujours d&rsquo;un dialogue avec celui ou celle qui nous a blessé.e. C&rsquo;est ce à quoi Maha est confrontée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abandonner la charge&#8230; Pardonner, c&rsquo;est parfois simplement cesser d&rsquo;entretenir le conflit en soi. Ce n&rsquo;est pas un cadeau que l&rsquo;on fait à l&rsquo;autre, c&rsquo;est une décision que l&rsquo;on prend pour sa propre économie émotionnelle. Si le « pardon réconciliation » est un acte à deux et demande une confiance restaurée, le « pardon libération » est d&rsquo;une autre nature. C&rsquo;est un acte envers soi-même. Décider de ne plus porter la responsabilité de la faute commise par un autre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, Maha décide de reprendre le fil de son histoire.  Saura-t-elle choisir cette forme de pardon ? Elle sait intimement, viscéralement qu&rsquo;elle doit reprendre sa souveraineté, sa légitimité. Un acte d&rsquo;émancipation. Maha acceptera-t-elle que certains chapitres puissent finalement se terminer sans résolution joyeuse, sans excuses, mais aussi, sans que la colère ne devienne son seul moteur ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce là que nos trajectoires se libèrent ? Non pas parce que le passé a changé mais parce qu&rsquo;il a cessé d&rsquo;être un poids mort. Se réapproprier le récit, non plus comme une victime en attente de réparation mais comme une autrice qui décide de ce qui mérite d&rsquo;être écrit ensuite. </p>



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		<title>L&#8217;histoire de Maha : du miroir brisé au territoire retrouvé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Linda Maupoix]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">« La carte n&rsquo;est pas le territoire ». Cette phrase célèbre du philosophe Alfred Korzybski, nous rappelle que nos certitudes sont souvent des schémas simplifiés. Pour Maha, cette prise de conscience passe par une expérience intime et parfois douloureuse : celle du miroir brisé. </p>


<div class="yoast-breadcrumbs"><span><span><a href="https://plumesettrajectoires.fr/">Accueil</a></span></span></div>


<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;héritage de Maha semble une route tracée d&rsquo;avance, un miroir tendu par les siens et la société, depuis sa naissance. Un miroir fêlé, déformé par les non-dits, les diktats et les rancoeurs culturelles, les transmissions générationnelles&#8230; En s&rsquo;y regardant, Maha ne voit que celle qu&rsquo;elle devrait être. Entre vérité et réalité, Maha décide de briser des carcans. Le reflet n&rsquo;est pas la personne. Maha le ressent, viscéralement ; elle gagne son premier combat contre « Timidité Maladive ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour devenir soi, Maha nous invite à faire réfléchir les miroirs. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en cessant de se chercher dans les reflets déformés du passé que l&rsquo;on peut découvrir l&rsquo;immensité du territoire qui nous attend. La fatalité n&rsquo;est§elle pas qu&rsquo;une erreur de perspective ? La liberté commence là où l&rsquo;on décide de marcher, sans carte et sans reflet imposé.</p>



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